Plantation par des bénévoles décembre 2018

Les plantes sont adaptées à leur milieu : Espèces de Forêt sèche en danger de disparition

 Vous le savez, Il y a des espèces des bas, des espèces des hauts, des espèces qui ne croissent qu’en milieu humide… Bien sûr nous avons sélectionné celles qui ont toutes leurs chances de pousser ici : celles de la forêt sèche forment ce nouveau sentier que les bénévoles créent ce matin

Il y a un programme Life plus Forêt Sèche sur 5 ans à La Réunion, piloté par plusieurs partenaires dont le Parc national de La Réunion avec l’aide de l’Europe. Les espèces de forêt sèches ne représentent plus que 1% de sa densité d’origine. Certaines sont encore en danger de disparition.

Utilité des plantes indigènes

Premièrement plusieurs d’entre elles sont utilisées comme médication dans la tradition des réunionnais.

Deuxièmement, les plantes indigènes constituent une bonne barrière de protection contre les maladies qui touchent la flore.

Troisièmement, certaines espèces de la faune ne peuvent prospérer sans la flore indigène : exemple le gecko de la plaine d’affouche que Life plus forêt sèche est en train de réinstaller à la Grande Chaloupe. Mais pour cela il a fallu au programme Life+ planter plus de 100 000 pieds de bois… et il faudra rester vigilants : les geckos accepteront-ils de redescendre à La Grande Chaloupe ?  Autre exemple : Comment réinstaller la tortue dans cette forêt replantée indigène : on ne sait pas. Pourtant ce sont les tortues qui permettaient de rendre les semences de certaines espèces viables…

De plus, il s’agit de notre patrimoine d’origine. Il a donc de la valeur.

Il y a un étagement intéressant : ti hache i coupe gros bois

Et que dire du fait que la liane patate à durand ou la liane cochon en bord de mer adoucit la salinité du manioc bord de mer, qui protège pareillement par derrière le bois de tension, la saliette, qui protègent à l’étage supérieur l’hibiscus /le porcher, le tespesia…

Bref nout’ pieds de bois indigènes sont plus qu’utiles. Ils sont nécessaires

Résumé : création de sentier : plantation de 300 pieds de bois et pose de 25 panneaux en bambou

En résumé, sur le domaine Mahavel de La Ravine des Cabris un sentier à gauche est créé et planté par les professionnels d’Adesir.  Bordés de plantes ornementales non invasives, il a été complété au cœur par des plantes comestibles par les bénévoles de AAPNR :  conflor, patate douce et manioc.

Le sentier de droite est créé et planté par 25 bénévoles en espèces indigènes.

Ces bénévoles ont reçu le jour de la plantation une sensibilisation sur le distinguo entre indigène, exotique, envahissante…

En mariant plusieurs espèces indigènes et plantes utiles alimentaires ou ornementales non envahissantes, nous voulons montrer, comme Mme Volia qui exploite ce domaine, que le vivre ensemble est réel chez les plantes, à condition que les espèces insérées ne soient pas des plantes envahissantes

La seule précaution à prendre : ne pas introduire d’espèces envahissantes.

Revenons à notre sentier d’arbres indigènes (celui de droite) : nous plaçons aussi les noms sous les arbres indigènes plantés, grâce à des panonceaux mignons fabriqués par ADESIR

Donc, sur le domaine Mahavel, nous tentons aussi de respecter un étagement des plantes

  • En bord de mer et on monte au fur et à mesure : patate à durand, liane cochon, manioc bord de mer, bois de tension, saliette, vacoas,
  • On continue de monter : porcher, benjoin, hibiscus mahot de rempart….

Notre sentier tente de représenter cet étagement. Ti hache i coupe gros bois : vous avez bien compris que la liane patate à durand protège le manioc bord de mer qui est plus grand que lui. Et ainsi de suite.

Donc en partant du bas, et en remontant le sentier, on a la mer derrière nous. Et on trouve le manioc bord de mer. Et les autres espèces ensuite.

Pharmacopée

Soulignons que quatre plantes indigènes plantées ici sont inscrites à la pharmacopée française et/ou européenne :

  • Bois d’arnette ou bois de rénette,
  • Bois d’olive noir,
  • Bois de joli cœur,
  • Bois de demoiselle,

Soulignons aussi que cinq plantes indigènes plantées ici sont connues comme faisant partie de tisanes traditionnelles mais pas encore inscrites à la pharmacopée (il manque des études scientifiques pour cela) :

  • Mahot de rempart,
  • Bois de gaulette,
  • Bois de zévi marron (ou bois blanc rouge),
  • Benjoin,
  • Bois de tension,

Parmi les plantes reconnues à la pharmacopée, qu’elles soient indigènes ou pas, sans doute faudra-t-il que nous conseillons encore cette agricultrice propriétaire du domaine ; il manque, à notre sens :

  • Café marron
  • Losto café
  • Lingue café

pour compléter  sa collection de caféiers ici sur son domaine.

En plus le café marron est naturellement décaféiné et il est endémique : c’est-à-dire qu’on ne le trouve pas ailleurs dans le monde !

Je rappelle que les plantes indigènes protègent les autres plantes de maladies. Aussi les agriculteurs intelligents ont depuis longtemps introduit des indigènes sur leur exploitation.  C’est le cas de Mme Volia.  Cela nous a motivé pour aider Mme Volia pour la création de ce sentier à visée pédagogique pour le grand public et les scolaires qui serons invités à partir de maintenant. En effet, des scolaires ne pouvaient pas se promener sur toute l’exploitation pour raison de sécurité. D’où l’intérêt de ce sentier « miniature » pour eux.

Enfin, un musicien de la famille de Mme Volia voudrait créer un festival sur la Ravine des Cabris. Ce serait l’occasion de faire investir le sentier par le grand public. Ceci est un beau projet de Mme Volia. Mais de façon plus pragmatique, Mme Volia gère aussi 2 gîtes sur son domaine. Tous les touristes locataires ont dorénavant une visite guidée systématique de ces sentiers sans compter les visites et ateliers pour les scolaires que régulièrement des services civiques vont s’atteler à organiser.

 

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