Lutte contre les plantes envahissantes sur le domaine Mahavel en 2018

Les espèces envahissantes sont un fléau à La Réunion.Nous risquons de perdre le label UNESCO à cause des espèces envahissantes.Pire, nous mettons les espèces indigènes et les espèces utiles en danger ; les espèces invasives colonisent les espaces au détriment de la flore indigène et elles fragilisent la barrière naturelle constituée par les indigènes dans la protection contre les maladies des plantes…

Vous le savez, plusieurs actions sont menées de front en 2018 sur le domaine Mahavel par AAPNR

Deux sentiers y ont été créés. Ils demandent un entretien régulier pour supprimer les envahissantes qui ne manqueront pas de s’y installer, semées au gré des passages d’oiseaux, du ruissellement des eaux ou du vent. Car le domaine Mahavel n’échappe pas à ce que dit le récent rapport de l’UICN de l’an dernier.

Ce rapport est donc très récent.

Les plantes envahissantes sont en train d’étouffer nos espèces indigènes.

Sur ce domaine Mahavel de la Ravine des Cabris, on trouve une parcelle jouxtant les sentiers créés, comportant une densité remarquable de galaberts, bois noirs, cassis, avocats marron, des lianes diverses, cannas, …

AAPNR a demandé à Adesir de l’aide. Celle ci a dépêché une équipe de 5 personnes sur 5 jours pour couper les envahissantes sur cette parcelle en forme de colline jouxtant les sentiers créés. Les plantes envahissantes mesuraient alors en moyenne 5 m de haut. Elles ont été rasées à hauteur de sol.

4 mois plus tard, même si quelques envahissantes n’avaient pas survécu, la majorité mesurait à nouveau 1,5 m de haut. Un bénévole de AAPNR est revenu couper lesdites espèces.

4 mois plus tard, (août 2019) à nouveau elles mesurent 1,50cm de haut.

Mme Volia devait tenter de prendre le relais en retournant la terre et en la recouvrant de matière géotextile pour une plantation de vivrières… Cela n’a pu être fait. C’est opportun : cela nous permet de tirer des enseignements.

Enseignements tirés de la lutte contre les plantes envahissantes

Sur cette relative petite surface (800 m2), on se rend compte de la difficulté de lutter contre les envahissantes. Imaginez la difficulté à le faire sur toute l’île !

Il faut dire que en général et dès l’origine du peuplement de l’île de La Réunion des plantes exotiques ont été importées parce qu’elles sont jolies ou utiles (en général elles fleurissent ou nourrissent les bêtes comme le cassis, ou devaient faire l’objet d’une exploitation en huiles essentielles (comme le longose). Elles sont envahissantes dès lors qu’on ne les exploite plus.

Encore aujourd’hui, lorsque certains tentent de les supprimer, d’autres introduisent dans leur jardin ou dans les espaces publics (écoles, bords de routes…) de nouvelles espèces envahissantes. Par exemple le tulipier du Gabon est arrivé récemment dans l’île et il envahit même les lits de rivière.

On pouvait craindre que Le domaine Mahavel, mis à nu par un défrichage qui n’a pas donné lieu au traitement programmé par le propriétaire, se mettrait en risque de voir apparaître des envahissantes supplémentaires. Et cela n’a pas manqué ! Nous avons pu le constater lors de notre dernière visite.

Il faut s’abstenir de défricher une parcelle si on ne sait pas quoi faire derrière.

En tout cas, grâce à Mr Bénard, président de ADESIR, un travail a été initié sur cette parcelle Et l’on voit bien tout l’effort qu’un agriculteur doit déployer encore après un défrichage avant que de pouvoir éradiquer les plantes envahissantes.

Cette expérience doit être divulguée. Sans doute va-t-elle contribuer à un support écrit et audiovisuel pour le grand public et les professionnels si on trouve les fonds pour ce faire.

Messages à diffuser :

  • Ne pas défricher tant qu’on n’est pas certain du traitement de la parcelle derrière. Par contre surveiller les abords des parcelles jouxtant celles qui sont déjà colonisées et couper à hauteur des infloraisons à chaque saison afin d’éviter que les semences deviennent matures.
  • Après défrichage d’une parcelle, y planter des espèces souhaitées, la mettre sous surveillance et prévoir les moyens idoines pour supprimer les nouvelles pousses de plantes envahissantes le cas échéant
  • cesser toute importation de plantes et semis envahissants
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